L'IMMOBILIER SE PRÉPARE POUR VIVRE AVEC LA LEX WEBER

Les professionnels de l'immobilier ont besoin de faire monter en puissance leur association, l'USPI, présidé par Olivier Raemy (à droite). Ils confient leur secrétariat général à la Chambre de commerce de Vincent Riesen. NF

TOURISME - Les professionnels de l'immobilier de montagne ont conscience du manque de formation dans leur secteur.

"Nous voulons être les moteurs du changement plutôt que d'éternelles pleureuses." Ces mots sont ceux d'Olivier Raemy, le président de l'Union suisse des professionnels de l'immobilier (USPI), section Valais à propos... de la lex Weber.

En d'autres termes, l'USPI veut se préparer à affronter la nouvelle loi d'application de l'initiative Weber, avant même qu'elle ne soit adoptée à Berne.

Des agences labellisées

Le projet de loi du Conseil fédéral prévoit qu'il sera possible de construire des résidences secondaires même dans les communes où ces dernières représentent plus de 20% des logements. A une condition, bien sûr, c'est qu'elles soient louées.

"Il ne sera pas possible de construire une résidence secondaire et de dire ensuite qu'on n'a pas réussi à la louer faute de clients. Ce serait alors une manière de détourner la loi. Il faudra que l'objet soit mis en location par une agence labellisée" , explique Olivier Raemy. Pour les labelliser, encore faut-il qu'un label existe et qu'il soit reconnu. Pour l'heure, ce n'est pas le cas. Ce label ne pourra être mis en place que lorsque les dispositions fédérales seront connues.

Dans l'attente de l'aboutis sement des débats fédéraux, l'USPI veut aller de l'avant en proposant une formation spécifique pour l'immobilier de montagne. "On ne gère pas de la même façon les attentes de touristes qui louent un logement à la semaine en montagne que celles des locataires à l'année en plaine."

Changement et formation

Le cours IMMOtourisme a déjà connu une première édition en 2013. Avec un certain succès. Une deuxième édition sera proposée cet automne.

Désormais, l'USPI va confier son secrétariat général à la Chambre de commerce, pour augmenter son efficacité. Le directeur de celle-ci, Vincent Riesen déclare: "L'immobilier est une branche qui anticipe. Le Valais se prépare à mieux exploiter les lits touristiques. Tout commence par la formation." De son côté, Olivier Raemy le dit sans détour: "La lex Weber nous pousse à trouver de nouveaux modèles. Nous devons augmenter la qualité de notre tourisme."

Corriger le projet de loi

Pour que le Valais économique puisse vivre avec la lex Weber, l'USPI et la Chambre de commerce vont faire des propositions aux parlementaires fédéraux pour modifier quelques éléments du projet de loi. Un des points importants concerne les agrandissements des objets existants. "Avec le texte actuel, le propriétaire d'une résidence secondaire de 100 m 2 à Anzère ne peut même pas ajouter une véranda" , déclare Olivier Raemy, "Or, Franz Weber a orienté toute sa campagne sur le fait que l'existant ne serait pas concerné par son initiative" , ce qui a d'ailleurs convaincu un certain nombre de propriétaires qui se retrouvent fort marris aujourd'hui.

Pas peur du référendum

Une telle exigence ne comporte-t-elle pas un risque de référendum? "Je suis convaincu qu'il y aura de toute façon un référendum. Weber a tout intérêt à se faire de la pub de cette manière. C'est une démarche commerciale pour sa fondation. Les modifications que nous demandons sont là pour que nous puissions gagner ce référendum et non pour l'éviter", assure Vincent Riesen.

JEAN-YVES GABBUD


PARU DANS : le nouvelliste