LA CONSTRUCTION EN PLEIN ESSOR

Trente-cinq villas et 10 immeubles se construisent actuellement sur le territoire communal. Un boom qui intrigue quelque peu le voisinage. LOUIS DASSELBORNE VETROZ - La commune est un véritable chantier à ciel ouvert. Immeubles et villas poussent à tous les coins de rue.

Depuis quelque temps, les gabarits, pelles mécaniques et grues sont légions sur le ter ritoire communal. Pas moins de 10 immeubles et 35 villas sont actuellement en construction. Un autre projet de 17 villas devrait débuter prochainement si les oppositions du voisinage sont rejetées par la commune. Le nombre de mises à l'enquête a été multiplié par trois en dix ans pour les maisons individuelles, comme pour les immeubles. Et la commune possède encore beaucoup de terrains construc tibles.

Proximité de la capitale, prix (encore) abordables, les raisons de ce boom sont multiples.

Pourquoi Vétroz?

Au 1er janvier 2014, la commune comptait 5500 habitants, dont 150 nouveaux uniquement pour l'année 2013. "Nous avons une commune attractive grâce à la proximité de Sion et de la zone commerciale de Conthey, mais grâce aussi à la vie associative et à nos écoles qui sont adaptées à une augmentation constante de la population" , explique Michel Huser, vice-président et responsable des constructions à Vétroz. Mais pour le représentant de la commune, ces explications ne sont pas les seules. "Le plan de zone a été mis en place en 1994, et il y a encore une grande surface constructible et déjà aménagée sur le territoire et bien que les prix aient beaucoup augmenté ces dix dernières années, ils sont moins chers qu'à Conthey ou Sion." Le prix du terrain varie entre 300 et 380 francs le mètre carré aujourd'hui, alors qu'il était encore de 180 francs il y a dix ans. Malgré cette augmentation massive, c'est la loi de l'offre et de la demande qui prévaut.

La demande existe

Le promoteur Albéric Coudray, qui bâtit actuellement cinq immeubles et des dizaines de villas à Vétroz, estime que le nombre de constructions est, certes, impressionnant, mais qu'il répond avant tout à une demande. "Pour les villas et les petits immeubles, tout ce que nous construisons est vendu avant que le chantier démarre. Il y a un vrai essor de la construction, mais la demande suit."

Dans la commune, certains citoyens sont surpris de voir des habitations s'élever sur des petites, voire très petites parcelles. Alors que d'autres communes exigent une surface minimum pour construire une habitation, ce n'est pas le cas de Vétroz. "Dans le plan de zone homologué en 1994, il n'y a pas de limite minimale pour construire une villa", revient Michel Huser. Ce droit est idéal pour les promoteurs, qui peuvent alors optimiser l'espace. "Les prix ont tellement augmenté que nous devons construire sur des plus petits terrains. Peu de gens peuvent se permettre de dépenser 1 million de francs pour acheter une maison, et donc nous proposons des biens qui sont abordables, mais qui n'ont plus mille mètres carrés de terrain comme c'était encore possible il y a quelques années" , relate Albéric Coudray.

Pour l'Union suisse des professionnels de l'immobilier (USPI), l'expansion des constructions s'explique simplement. "C'est un phénomène qui touche toute la plaine du Rhône. Devenir propriétaire reste un rêve en Suisse. Mais les centres urbains sont trop chers pour une majorité de personnes et ce sont les communes alentours qui augmentent le nombre de constructions et d'habitants", conclut Olivier Raemy, président de l'USPI Valais .

UNE SITUATION QUI NE DEVRAIT PAS DURER

Pour la section valaisanne de l'Union suisse des professionnels de l'immobilier (USPI), la situation de la construction aux alentours de Sion est bonne actuellement, mais devrait diminuer ces prochaines années. "Les constructions en cours aujourd'hui ont souvent été décidées il y a plus d'une année et n'étaient pas encore concernées par les volants anticycliques voulus par la Confédération en été 2013. La situation devrait donc changer dans le futur" , explique Olivier Raemy, président de l'USPI Valais. Il entend par là les freins à l'endettement dictés par Berne et qui ont rendu les banques plus frileuses. "Aujourd'hui, c'est compliqué de devenir propriétaire à moins de 600000 francs. Pour ce montant, les futurs propriétaires doivent désormais apporter 60000 francs en espèce et avoir un salaire annuel de 100000 francs brut. Ce qui n'est plus du tout à la portée de toutes les bourses." Le président de l'USPI préconise donc aux promoteurs de ne pas laisser de côté la location. "Les propriétés par étages augmentent beaucoup, mais les banques sont contrôlées, et la location ne doit pas être laissée de côté parce que le taux de propriétaires devrait diminuer." SJ


PARU DANS : le nouvelliste